Le poids des mots pour éviter les paroles en l'air.
Dans “Pourquoi j’écris - et autres textes politique”, Georges Orwell soutient que l’aplatissement du langage préfigure le renoncement politique. Il dénonce le détournement des mots, leur transformation en matières obscures, en éléments ne signifiant plus rien, servant tout juste à conserver une bonne conscience - et personne n’en est totalement à l’abri.
Ainsi il note que “les bonnes âmes, du pape aux yogis de Californie, sont très portées sur le “renouveau des valeurs”, bien plus rassurant de leur point de vue qu’un changement de système économique.”
Il s’inquiète de ce qu’ “une société devient totalitaire quand sa structure devient manifestement artificielle, c’est-à-dire lorsque sa classe dominante a perdu sa fonction, mais parvient à s’accrocher au pouvoir par la force et l’imposture”, ajoutant que “pour être corrompu par le totalitarisme, il n’est pas nécessaire de vivre dans un pays totalitaire.”
La démission du langage - son inadéquation d’avec la réalité, notamment, lorsqu’il soutient pourtant la décrire - l’indigne d’autant plus qu’elle est le fait des “sachants” : “Quand on voit des hommes ayant bénéficié d’une éducation supérieure considérer l’oppression et la persécution avec indifférence, on se demande, de leur cynisme ou de leur myopie, ce qu’il faut mépriser le plus.”
Si “le grand ennemi de la langue claire est le manque de sincérité” et que “le langage politique est conçu [...] pour donner une apparence de consistance à ce qui n’est que du vent”, aussi “une pensée claire constitue l’indispensable premier pas conduisant à la régénération politique.”
Ce combat essentiel est porté par tous ceux qui s’attachent à définir : radicalité, terrorisme, violences, libertés, restrictions, dépendances, etc.
✅ A l’heure où la langue au pouvoir paraît de plus en plus vaseuse, inconséquente,
Il nous faut travailler à celle que nous voulons défendre, pour rendre nos propositions conséquentes…
…et éviter les paroles en l’air !